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Samedi 20 octobre 2007 6 20 /10 /2007 08:53


On l'attendait, le second livre de Philippe CLEMENT qui est, pour mémoire, infirmier psychiatrique.

Les points sur lesquels l'auteur s'est interrogé sont repris au travers d'histoires de certains patients.

En ce qui nous concerne, nous retenons l'histoire de cette patiente dont le dossier, à son arrivée à l'hôpital psychiatrique, comprend une demande d'hospitalisation par son père, mais un seul certificat médical.

Ce certificat médical ne visant pas la notion de péril imminent, il faudrait un second certificat.

Il en résulte que la patiente n'est légalement pas sous le régime de l'HDT.

L'auteur s'interroge donc sur la légalité de cette hospitalisation à laquelle la patiente n'a pas consentie, alors surtout qu'il semble que des mesures coercitives ont été prises à son égard..pour finir, cette patiente refusant de prendre les médicaments présentés, les recevra en injection....


On se souviendra également du parcours de ce patient qui bénéficiera des tentatives de réinsertion propres à la politique de secteur. On s'interroge sérieusement sur l'accompagnement de la sortie de ce patient au bout de ...18 années de séjour en hôpital psychiatrique.

De la disponibilité permanente des infirmiers, ce patient est passé à la rigueur de devoir solliciter un rendez-vous, parfois plusieurs jours à l'avance, pour exposer ses difficultés.


On est préoccupé, d'autre part, par les mesures habituellement prescrites en institution, et qui visiblement le sont parfois alors que cela peut se heurter à des angoisses particulières des patients (angoisse d'être seul/chambre fermée).


On lit avec attention enfin, l'expérience que nous livre l'auteur, qui a exercé en hôpital psychiatrique, mais également en service psychiatrique d'un hôpital général.

On apprécie surtout l'honnêteté de ce praticien, qui livre sans ambage ses préoccupations, sans pour autant verser dans le discrédit de ce type de soins qui demeurent nécessaires dans certains cas.
Par Julie Cadin et Jasna Stark - Publié dans : A lire, voir ou écouter
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Jeudi 18 octobre 2007 4 18 /10 /2007 11:16


Chez nous, ailleurs, le Sénat nous livre un petit tour d'horizon. Pour mener une réflexion constructive, il faut avoir les bases.


"NOTE DE SYNTHESE

En France, l'article 122-1 du code pénal énonce : « N'est pas pénalement responsable la personne qui était atteinte, au moment des faits, d'un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes. »

Par conséquent, les personnes déclarées irresponsables en raison de troubles mentaux font l'objet, selon le stade auquel l'irresponsabilité est constatée, soit d'un non-lieu de la part du juge d'instruction, soit d'une décision d'acquittement ou de relaxe prononcée par la juridiction pénale. Il peut même arriver que le parquet renonce à engager des poursuites contre un délinquant dont l'irresponsabilité ne fait a priori aucun doute et classe sans suite les procès-verbaux d'infraction.

Lorsque la déclaration d'irresponsabilité concerne une personne susceptible d'être dangereuse pour la collectivité, une mesure d'internement peut être prise à l'issue d'une procédure purement administrative. Dans ce cas, le code de la santé publique oblige en effet les autorités judiciaires à aviser le préfet, qui doit prendre « sans délai toute mesure utile ». Le préfet peut par exemple décider une hospitalisation d'office, tout comme il le ferait pour un malade mental n'ayant commis aucune infraction, car il n'est pas lié par la décision judiciaire ayant conclu à l'irresponsabilité pénale.

En revanche, la sortie des délinquants qui ont été internés s'effectue selon une procédure spécifique : elle ne peut avoir lieu que « sur les décisions conformes de deux psychiatres n'appartenant pas à l'établissement » où l'intéressé a été placé, alors que la sortie des autres personnes internées d'office requiert l'avis motivé d'un seul psychiatre.

Le groupe de travail que le garde des sceaux a chargé en septembre 2003 de réfléchir au traitement judiciaire réservé aux délinquants malades mentaux a récemment émis l'idée de faire comparaître les personnes déclarées pénalement irresponsables devant une juridiction ad hoc statuant en audience publique sur l'imputabilité des faits et sur les mesures de sûreté applicables après la sortie de l'établissement psychiatrique. Cette suggestion fournit l'occasion d'examiner les dispositions étrangères correspondantes.

Sept pays ont été étudiés : l'Allemagne, l'Angleterre et le pays de Galles, le Danemark, l'Espagne, l'Italie, les Pays-Bas et la Suède.

Pour chacun d'eux, les points suivants ont été analysés :

- dans quelle mesure le droit pénal reconnaît l'irresponsabilité pénale des personnes souffrant de troubles mentaux ;

- les mesures qui sont appliquées à ces délinquants.

Cet examen montre que :

- les troubles mentaux constituent une cause d'irresponsabilité pénale dans tous les pays étudiés sauf en Suède ;

- toutes les législations analysées donnent au juge le pouvoir de décider des mesures appliquées aux délinquants atteints de troubles mentaux.

1) À l'exception de la Suède, tous les pays étudiés font des troubles mentaux une cause d'irresponsabilité pénale

a) La Suède a supprimé de son code pénal la disposition relative à l'irresponsabilité pénale des personnes atteintes de troubles mentaux

En Suède, l'irresponsabilité pénale des personnes souffrant de troubles mentaux a été supprimée par le code pénal de 1962, entré en vigueur en 1965. Actuellement, les troubles mentaux constituent une circonstance atténuante, qui peut justifier l'application d'une peine particulière.

b) L'irresponsabilité pénale des personnes souffrant de troubles mentaux est reconnue par tous les autres pays

Elle est prévue par le code pénal en Allemagne, au Danemark, en Espagne, en Italie et aux Pays-Bas.

En revanche, en Angleterre et au pays de Galles, d'après les différents textes qui régissent la procédure pénale applicable aux malades mentaux, les troubles mentaux peuvent constituer un moyen de défense qui empêche la mise en oeuvre de la responsabilité pénale. Conformément aux principes dégagés par la jurisprudence au milieu du XIXe siècle, c'est à la défense qu'il appartient d'apporter la preuve de son état.

2) Dans tous les pays étudiés, le juge décide des mesures applicables aux délinquants atteints de troubles mentaux.

C'est évidemment le cas en Suède : pénalement responsables, les personnes atteintes de troubles mentaux font l'objet, tout comme les autres délinquants, d'une sanction prononcée par le juge. Cependant, celui-ci n'a pas le droit de prononcer de peine de prison à leur encontre.

Dans les autres pays, qui reconnaissent l'irresponsabilité pénale de ces délinquants, c'est également la juridiction pénale qui décide des mesures applicables.

En Allemagne, au Danemark, en Espagne, en Italie et aux Pays-Bas, le code pénal dispose que les malades mentaux ne peuvent pas faire l'objet d'une peine, mais d'une « mesure de sûreté ». Celle-ci, qui ne vise pas à châtier le délinquant, mais à le réadapter à la vie sociale, peut par exemple consister en un internement psychiatrique. Dans cette hypothèse, l'internement est le plus souvent prononcé pour une durée limitée. C'est le cas en Espagne, en Italie ainsi qu'aux Pays-Bas, et c'est la règle générale au Danemark. Quand l'internement est décidé pour une durée a priori illimitée, comme en Allemagne ou dans les cas les plus graves au Danemark, l'application de la mesure est contrôlée par le juge.

De même, en Angleterre et au pays de Galles, à moins que le procès n'ait pas eu lieu, notamment parce que l'accusé a été déclaré par un jury spécifique « incapable de plaider », c'est le juge qui décide du sort du délinquant malade.

* *

*

L'examen des législations étrangères montre que, contrairement à la France, les autres pays laissent à la juridiction pénale le soin de décider des mesures applicables aux délinquants atteints de troubles mentaux."



www.senat.fr



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Jeudi 18 octobre 2007 4 18 /10 /2007 11:08

Dans la bibliographie, nous citons deux ouvrages de Monsieur Philippe BERNARDET: Enfermez-les tous et les Dossiers noirs de l'internement psychiatrique (épuisé).

Mais revenons à l'auteur, à qui il convient de rendre hommage car décédé il y a quelques mois.

Philippe BERNARDET, Chercheur au CNRS, Philippe BERNARDET auteur, Philippe BERNARDET acteur dans la lutte contre l'abus et l'arbitraire en psychiatrie.

Il demeurera la personne la mieux documentée, la plus compétente sur ce sujet et son décès a été une grande perte dans le cadre des droits que nous voulons faire reconnaître.

Nous lui rendons hommage.


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Jeudi 18 octobre 2007 4 18 /10 /2007 11:02

Patrick COUPECHOUX collabore au MondeDiplomatique. La qualité de son travail a été reconnu lors de son étude sur l'autisme (2004).

Ce livre retrace certains aspects historiques de la psychiatrie: PINEL, FOUCAULT, la sectorisation..

L'auteur nous propose également diverses approches de la psychiatrie...témoignage de soignants en intitution, la particularité de la psychiatrie des personnes sans domicile fixe, des personnes incarcérées...

Tour d'horizon par un regard d'un grand professionnalisme!

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Jeudi 18 octobre 2007 4 18 /10 /2007 10:57


Les auteurs, Véra NETELZANG et Clra FROST ont toutes deux été hospitalisées en psychiatrie et ont connus des traitements dits de psychiatrie lourde tels que les électrochocs, les comas à l'insuline.

Il s'agit ici donc principalement d'évoquer ce type particulier de traitements.

Sans parti pris, on pointe également du doigt,  les atteintes à la dignité humaine que l'on retrouve malheureusement dans certains établissements.

A préciser, que les auteurs ont été hospitalisées en Belgique dans les années 1970 et que fort heureusement les choses ont évoluées et que certains traitements évoqués (notamment la cure de sakel) ne sont plus d'actualité.
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Jeudi 18 octobre 2007 4 18 /10 /2007 10:49


Cité dans la blibliographie, revenons quelques minutes sur  ce livre publié en 2001.


L'auteur

 Philippe CLEMENT est infirmier psychiatrique et de ce fait aux premières loges pour nous livrer des constats et des interrogations en matière de traitement de la maladie mentale en France.

Le livre
Sans prétention, dans un langage clair, cet ouvrage nous livre le questionnement de l'auteur sur de nombreux points que nous avons à coeur en la matière.

Je vous cite la quatrième de couverture: "Les malades mentaux sont-ils des malades comme les autres? Comment accorder du crédit à leurs paroles toujours suspectes d'être des symptômes? Que deviennent les droits des patients dèslors que le soin se fait la pluspart du temps sous la contrainte?Comment l'institution s'est-elle peu à peu fabriqué ses propres règles de fonctionnement au mépris des besoins particuliers des malades?"


Il ne s'agit nullement de partir dans un discours anti-psychiatrie mais de mettre en avant des questions que nous devrions tous nous poser.

A venir: dans peu de temps,nous vous présenterons son dernier ouvrage Bienvenue à l'Hôpital psychiatrique.

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Lundi 30 juillet 2007 1 30 /07 /2007 17:30
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Guide du Patient-Vos droits et vos démarches
Isabelle GALLAY
Collection "vie quotidienne"; EYROLLES éditions 2005.

Le psychiatre face aux Juges
Carole JONAS
Collection Les professions de santé face à la Justice
Ed°ELLISPES 1997

Soigner à tout casser -La dignité de la personne à l'épreuve de la psychiatrie lourde
Véra NETELZANG & Clara FROST
Collection Réflexions Edition Bernard Gilson

Enfermez-les tous
Philippe BERNARDET & Catherine DERIVERY
Robert Laffont

Les dossiers noirs de l'internement psychiatrique
Philippe BERNARDET
Fayard
Nota bene: étant épuisé, ce livre ne peut se trouver qu'en occasion.

Mémento de psychiatrie légale
Gaëlle ABGRALL-BARBRY, Nicolas DANTCHEV
Ed° DOIN Mai 2007

Droit des Tutelles-Protection judiciaire des majeurs et des mineurs
Frédéric ARBELLOT
Collection Dalloz Service, éd°2003.


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Vendredi 20 juillet 2007 5 20 /07 /2007 20:58
Infirmerie Psychiatrique de la Préfecture de Police de Paris

3 juillet 2007

par Gilles Delcuse

(JPEG) Cette mesure, nommée IPPP ou I3P, vestige d’un ancien temps révolu, autorise l’enfermement d’un citoyen de 24 à 48 heures, sur la foi d’un simple procès-verbal, et ceci, pour prévenir tout trouble public ou protéger la personne contre elle-même.

L’intervenant, qui témoignait avoir subi cette mesure expliquait que des policiers étaient venus la chercher et l’avaient emmené sans aucune explication au 3, rue de Cabanis. Durant cette interpellation et son enfermement, elle n’avait pu communiquer avec qui que soit, ni avec l’extérieur. Son seul contact avait été le psychiatre chargé de son évaluation mentale. En outre, lors de son passage, elle avait, été privée de ses simples droits d’être humain, par exemple, en se douchant dans une pièce où du personnel allait et venait.

Pour l’anecdote, ce n’est qu’ensuite qu’elle avait su qu’elle avait été dénoncée par sa voisine pour des nuisances sonores, nuisances dont l’inexistence a été établie. En écoutant cette expérience, j’avoue que je n’avais pas l’impression d’être en France mais plutôt dans un quelconque état bananier.

Ce témoignage, peut être recoupé avec un autre, plus récent puisqu’il date de 2005 (le précédent date de 10 ans environ), trouvé sur le site « groupeinfoasiles » (site très instructif et très détaillé pour ceux qui s’intéresseraient à l’enfermement abusif), témoin que je cite ici :

"J’avais un conflit avec un voisin dans l’immeuble, raconte une jeune femme plutôt aisée. Cela a dégénéré. Un matin, au printemps 2005, des policiers sont venus chez moi et m’ont demandé de les suivre au commissariat du Ve arrondissement. A mon arrivée, le commissaire m’a dit, sans autre mot d’explication : "Vous allez à l’IPPP." Un fourgon m’a déposée là-bas vers 16 heures. Je demande au premier infirmier que je vois qu’il m’explique ce que je fais là. Pour seule réponse, on me dit de ne pas m’inquiéter... Je repars en longeant une rangée de cellules et on me demande de me déshabiller. J’enfile un pyjama bleu et des pantoufles avant d’être placée en cellule : un lit, sans rien autour, et une fenêtre opaque. Pour se laver, il y a une baignoire disposée à la vue de tout le monde. Où est la dignité ? Pendant la nuit, un interne passe et m’explique que je suis là dans le cadre d’une enquête administrative. Le matin suivant, je vois le psychiatre qui m’indique que je représente une menace pour mon voisin. L’entretien ne dure pas plus de quinze à vingt minutes. Il ne me dit rien d’autre avant de me renvoyer en cellule. Finalement, en fin de matinée, le médecin revient et me dit que je peux sortir. On me donne un ticket de métro. Et je rentre chez moi."

Cette méthode, que l’on peut réellement qualifier d’arbitraire, semble appliquée à Paris chaque année à environ 2500 personnes.

J’ajoute qu’il semble, selon les sources d’informations, glanées ici et là sur ce sujet opaque, que seulement la moitié débouche sur une véritable hospitalisation. Ce qui signifie que seulement la moitié semble justifiée.

Je ne peux que frémir à l’évocation de ce chiffre dont j’ignore quelle sera l’évolution durant les années à venir.

En effet, l’évolution du nombre d’enfermement peu être un bon indicateur de l’état de démocratie de note pays. En hausse, cela pourrait dire que le nombre de malades mentaux et/ou d’enfermement arbitraire augmente. En baisse, que notre société va mieux ou que le laxisme s’installe. Voyons donc comment il va évoluer durant les années suivantes et quelles en seront les conséquences.

Je me dois de rappeler qu’à l’origine, le souci, louable en soi, était de protéger autrui contre lui-même ou contre tout dommage produit par un déséquilibré. Néanmoins, chaque méthode à son revers, et le fait qu’un simple procès-verbal, quelle qu’en soit la cause, pourrait donner lieux à des débordements.

Par exemple, sous l’égide d’un gouvernement aux méthodes musclées et soucieux de sécurisation à outrance... On pourrait ne prendre comme illustration le changement de sécurité du nouveau chef de l’état, comme le relate l’Express, et qui privilégie pour sa garde rapprochée les moyens policiers par rapport à ceux issus de la gendarmerie. Ce simple fait, qui semble ne rien à voir avec l’I3P ne peut que renforcer notre méfiance à l’égard d’un élargissement tout azimut des moyens policiers.

Et surtout, si on se souvient de l’amalgame fait par monsieur Sarkozy entre délinquance (ou autre) et troubles mentaux, on ne peut, par extension, qu’être inquiet si ses projets répressifs sur l’hospitalisation venaient à passer, à l’aide par exemple d’une majorité présidentielle à l’Assemblée Nationale.

Pour terminer quand même sur une note positive, la Préfecture de police de Paris a récemment été condamnée à payer 15.000 ? de dommages et intérêts pour un internement arbitraire de 48 h à l’I3P. Ce jugement rendu le 12 mars 2007 au Tribunal de Grande instance de Paris.

Ce fait, à lui seul, illustre encore une certaine indépendance et droiture de la magistrature.

Posté le 07/06/2007 |

SOURCE : Une étincelle pour la liberté

Gilles Delcuse

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Vendredi 20 juillet 2007 5 20 /07 /2007 20:54

 

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Alain Lhostis
Adjoint au Maire de Paris, chargé de la santé et des relations avec l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris. Conseiller du 10ème arrondissement.
Santé

Infirmerie psychiatrique de la Préfecture de Police

A Paris, depuis février 1872, les personnes appréhendées pour « troubles à l’ordre public et suspectes de présenter des troubles mentaux » sont dirigées vers l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police. Un dispositif d’exception unique en France sur lequel Alain Lhostis a souhaité qu’il y soit mis fin. Il a donc soumis au vote un vœu demandant que le Maire de Paris saisisse le ministre de la santé pour que s’engage un travail de concertation avec toutes les parties concernées ; qu’il soit mis un terme à un dispositif d’exception datant du 19ème siècle et enfin qu’un nouveau dispositif soit défini. Voté par les élus des groupes Communiste et les Verts, ce vœu a été rejeté par un vote d’opposition des groupes socialiste et UMP.

 

 

Information publiée le 13 avril 2007
 


Infirmerie Psychiatrique de la Préfecture de Police de Paris

Voeu déposé par Monsieur Alain Lhostis conseiller de Paris (PCF) lors de la séance du Conseil de Paris des 12 et 13 février 2007

mardi 6 février 2007.

Le 28 février 1872, le Préfet de Police de Paris crée l’Infirmerie Spéciale près de la préfecture de police et c’est au milieu du siècle passé que cette infirmerie prend le nom d’Infirmerie Psychiatrique de la Préfecture de Police de Paris (IPPP). Localisée à l’époque au sein du dépôt, elle sera transférée au 3 rue Cabanis sur le site de l’hôpital Saint Anne en 1970.

L’IPPP dépend de la Direction de la Protection du Public de la Préfecture de Police. Elle n’est pas un établissement public de santé mais un service de police. Il s’agit d’une structure unique en France, interdite de regard extérieur, vers laquelle sont dirigées systématiquement les personnes interpellées par les services de police, au motif qu’elles présenteraient des troubles du comportement, susceptibles de perturber l’ordre public. Ces personnes sont examinées par des médecins psychiatres placés directement sous l’autorité du Préfet de police alors qu’elles devraient pouvoir bénéficier d’un avocat et avoir le libre choix de leur médecin dans la mesure où l’hospitalisation d’office n’est pas prononcée.

Il s’agit là d’une survivance d’une conception sécuritaire de la maladie mentale qui assimile les malades mentaux à des délinquants potentiels. La pratique médicale, même s’il est hors de question de mettre en doute a priori la qualité des professionnels concernés, s’y exerce en dehors de tout contrôle des autorités sanitaires.

Il s’agit d’une exception parisienne, survivance du passé, à la différence de la province où les patients font l’objet si nécessaire, d’une hospitalisation d’office provisoire dans les 24 premières heures et non pas d’une rétention administrative dans un service de police. A cet égard, nous pouvons noter, qu’en Europe, notre pays est un des rares dans lequel l’autorité administrative a le pouvoir d’internement psychiatrique alors que ce pouvoir est exercé ailleurs, le plus souvent, par un magistrat. En 2005, plus de 2000 personnes ont été conduites à l’IPPP et plus de la moitié d’entre elles a fait l’objet d’une hospitalisation d’office.

Considérant

-  qu’il est peu acceptable à notre époque de soutenir l’idée d’une rétention administrative comme préalable à une évaluation médicale.

-  que l’IPPP est une exception au droit commun et que son mode de fonctionnement ne s’applique nulle par ailleurs sur notre territoire et qu’à ce titre le respect des droits de la personne est difficilement vérifiable.

-  que les hôpitaux disposant de services d’accueil d’urgence (SAU) assurent la présence de psychiatres 24h/24 pouvant accueillir ces malades et les orienter. Ainsi au SAU de l’hôpital Ambroise Paré (AP-HP, Boulogne Billancourt) c’est l’origine géographique du patient (parisien) qui détermine l’éventuel recours à l’IPPP ; dans tous les autres cas (patients hors Paris), ce transfert ne s’avère pas nécessaire. Par ailleurs, le CPOA (service de soins rattaché à l’hôpital Sainte-Anne), avec quelques aménagements, peut assurer le lien facilitateur et le rôle d’expertise parfois assuré aujourd’hui par l’IPPP.

-  qu’une unité pour malades difficiles existe à l’hôpital Paul Guiraud de Villejuif.

Sur proposition de Monsieur Alain Lhostis, conseiller de Paris (PCF), le conseil de Paris émet le vœu :

que le Maire de Paris saisisse le ministre de la santé pour que s’engage un travail de concertation avec toutes les parties concernées afin :

-  de mettre un terme à un dispositif d’exception datant du 19ème siècle

-  de définir un nouveau dispositif , garantissant en même temps que le respect de la sécurité publique, celui des droits fondamentaux de la personne, pour gérer des situations qui relèvent de la prise en charge médicale .


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Vendredi 20 juillet 2007 5 20 /07 /2007 20:52

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Interné à vue
Sur la foi d'un simple procès-verbal, l'Infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris détient 2 500 personnes chaque année, pendant 24 ou 48 heures. Une structure d'exception, vestige des asiles du XIXe siècle, où l'opacité demeure la règle.

Par Eric FAVEREAU
Libération - jeudi 18 mai 2006

C'est un immeuble banal. Quatre étages, une façade qui aurait besoin d'être rénovée. Sur un côté, un panneau indique : "Accès pour le public." Mais il n'y a jamais de public. Dans le quartier, il y a peu d'agitation. Au bout de la rue vivait Georges Brassens.

Nous sommes devant le numéro 3 de la rue Cabanis à Paris. Accolée à l'hôpital Sainte-Anne, trône l'Infirmerie psychiatrique de la préfecture de police (IPPP). Fermée aux visiteurs. Aucun journaliste n'y a effectué le moindre reportage et toute demande à la préfecture de police de Paris se heurte à un silence radio. Au mieux, on reçoit une courte missive : "Ecrivez-nous." Alors on répond, et on attend pour rien. "Le seul endroit en France où l'on peut retenir quelqu'un pendant vingt-quatre heures, voire quarante-huit heures, sans le moindre regard extérieur", selon les explications d'un membre du conseil de l'ordre des avocats.

Reste à savoir qui passe la porte de cet établissement et de quelle manière ? "J'avais un conflit avec un voisin dans l'immeuble, raconte une jeune femme plutôt aisée. Cela a dégénéré. Un matin, au printemps 2005, des policiers sont venus chez moi et m'ont demandé de les suivre au commissariat du Ve arrondissement. A mon arrivée, le commissaire m'a dit, sans autre mot d'explication : "Vous allez à l'IPPP." Un fourgon m'a déposé là-bas vers 16 heures. Je demande au premier infirmier que je vois qu'il m'explique ce que je fais là. Pour seule réponse, on me dit de ne pas m'inquiéter... Je repars en longeant une rangée de cellules et on me demande de me déshabiller. J'enfile un pyjama bleu et des pantoufles avant d'être placé en cellule : un lit, sans rien autour, et une fenêtre opaque. Pour se laver, il y a une baignoire disposée à la vue de tout le monde. Où est la dignité ? Pendant la nuit, un interne passe et m'explique que je suis là dans le cadre d'une enquête administrative. Le matin suivant, je vois le psychiatre qui m'indique que je représente une menace pour mon voisin. L'entretien ne dure pas plus de quinze à vingt minutes. Il ne me dit rien d'autre avant de me renvoyer en cellule. Finalement, en fin de matinée, le médecin revient et me dit que je peux sortir. On me donne un ticket de métro. Et je rentre chez moi."

Au "fichier des aliénés"

Un scandale ? Un archaïsme surtout. L'IPPP est une très vieille histoire. Sous Napoléon III, le préfet de police avait justifié la création d'un lieu spécial, "afin d'empêcher qu'on ne laisse vaguer sur la voie publique des forcenés et des insensés". En fait, la police parisienne voulait un endroit pour retenir les personnes agitées. Elle tenait aussi que ce lieu soit placé sous sa responsabilité. Le 28 février 1872, le préfet de police Renault fonde alors l'infirmerie spéciale qui s'inscrit dans la nouvelle loi sur les hospitalisations en psychiatrie (lire ci-dessous). "Cette décision vise une personne constituant un danger pour l'ordre public ou compromettant la sûreté des personnes." Le "danger" évoqué pouvant "n'avoir connu aucun commencement d'exécution, il suffit qu'il soit potentiel et imminent". A Paris, les personnes appréhendées "pour troubles de l'ordre public et suspectes de présenter des troubles mentaux" seront désormais systématiquement dirigées vers cette infirmerie psychiatrique.

Un simple procès-verbal de commissaire de police suffit à mettre le sujet en observation pour vingt-quatre à quarante-huit heures. Un temps de rétention censé être mis à profit pour réaliser des examens médicaux et délivrer un certificat transmis au préfet, seul habilité à prendre la décision d'internement. Ces certificats ? "On dirait des copiés-collés", ironise un psychiatre. De nombreux professionnels de santé estiment en effet que le médecin de permanence de l'IPPP se retranche derrière des propos vagues et stéréotypés d'ordre public, sans grand rapport avec la santé mentale. En 1970, pour marquer la différence avec le dépôt, où sont retenus les gardés à vue, l'IPPP est transféré rue Cabanis, sur un terrain loué à l'hôpital Sainte-Anne. Voilà pour le dispositif.

Le lieu, lui, est resté inchangé ou presque depuis ce temps. La préfecture de police de Paris gère même un "fichier des aliénés". Appellation d'un autre temps pourtant demeurée dans le langage officiel. En 1990, lorsque la loi sur l'hospitalisation de 1838 a été corrigée par le législateur, il y a bien eu quelques débats pour tenter de remettre Paris dans le droit commun. Mais le poids de la préfecture de police est tel que toute velléité de réformes est rapidement oubliée. Et l'IPPP est parvenue à sauver sa tête.

Rien qu'en 2005, 2 506 personnes ont été conduites à l'IPPP par les commissariats parisiens et ceux de l'aéroport de Roissy. En tout, 1 056 décisions d'hospitalisation d'office (HO) ont été prononcées ainsi que 286 hospitalisations à la demande d'un tiers et 275 hospitalisations libres. Parmi les personnes conduites à l'IPPP, 820 sont rentrées chez elles. Des chiffres relativement stables d'année en année. En 2000, on dénombrait 1 037 HO contre 882 en 2001.

Dans une interview publiée en 2005 par la revue de la préfecture de police de Paris, Xavier Péneau, sous-directeur de la protection sanitaire ­ et à ce titre responsable de l'IPPP ­ explique : "L'infirmerie psychiatrique est un service public médico-légal de diagnostic et d'accès aux premiers soins. Il accueille toute personne en état de crise et dont les troubles mentaux compromettent gravement l'ordre public ou la sécurité. Ces placements d'urgence ont lieu sur décision des commissaires d'arrondissement ou sur décision du médecin des urgences médicales judiciaires. Limité à vingt-quatre heures, exceptionnellement à quarante-huit, le passage à l'IPPP permet aux patients de décompresser et à l'équipe médicale d'effectuer un diagnostic afin d'orienter les malades vers les soins dont ils ont besoin." Et d'ajouter : "L'une de nos préoccupations constantes est le respect des droits et des libertés des malades. Afin de renforcer cet engagement, une charte d'accueil et de prise en charge des personnes conduites à l'IPPP a récemment été élaborée. Encadrant tous les aspects du séjour, elle aborde les questions liées à la vie privée, à l'information du malade et de sa famille ou à l'aide que les patients sont en droit de recevoir pour effectuer leurs démarches administratives."

Voilà pour la version officielle. Car, côté cour, les choses ne sont pas si simples. En témoigne la réunion qui s'est tenue à l'automne dernier entre de hauts responsables de la préfecture de police de Paris et la direction médicale et administrative de l'hôpital Sainte-Anne. En débat ce jour-là : le loyer et le terrain où est installé l'IPPP. La direction de l'hôpital aurait aimé récupérer le lieu. Le ton monte et le sous-préfet de police s'énerve. Et se fait menaçant : "Vous allez le payer, on a les moyens d'avoir votre peau", hurle-t-il devant des participants médusés. L'affaire en reste là. Pourtant, l'immeuble n'est plus conforme aux normes de sécurité et doit être rénové.

"Introduire la police dans l'hôpital"

"C'est l'éternel conflit entre le monde hospitalier et l'IPPP", défend le docteur Jean-Pierre Soubrier. Médecin chef de l'infirmerie pendant dix-huit ans, il estime que l'IPPP est un "très bon outil". "C'est une très grosse machine pour pas grand-chose, répond en écho un psychiatre de l'hôpital Sainte-Anne. Pour maintenir son fonctionnement, il faut qu'il y ait des raisons plus ou moins avouées." "On y voit des pathologies uniques, reprend le docteur Soubrier, et surtout on voit des patients à des moments très particuliers, en pleine crise de violence." Argument en faveur de l'infirmerie psychiatrique : le lieu serait un observatoire unique d'une folie très particulière, celle aux frontières de la violence et de l'ordre social. Pourtant, il est extrêmement rare que ces observations médicales donnent lieu à une publication scientifique.

A l'hôpital Sainte-Anne, le docteur Marie-Jeanne Guedj dirige le Centre psychiatrique d'orientation et d'accueil (CPOA), qui reçoit en consultation toute personne en perdition psychique. Un lieu qui enregistre cinq fois plus de passages que l'IPPP. Sur ces 10 000 visites, environ une seule par an nécessite une hospitalisation d'office. "Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas des hospitalisations sous contrainte, mais il n'y a pas besoin d'un IPPP pour le faire. A Lyon, à Marseille, partout ailleurs, cela marche très bien sans une structure d'exception", explique un psychiatre. Et Marie-Jeanne Guedj d'ajouter : "Quand l'urgence est traitée, il n'y a pas besoin de l'IPPP. Le problème, c'est la présence de plus en plus forte de la police et de la justice dans les affaires de santé mentale." "Ce lieu ne sert à rien, précise un psychiatre. Sa seule fonction, c'est d'introduire un lieu de police au sein du monde hospitalier. On voit bien l'intérêt pour un préfet de police d'avoir cela, au cas où..."

Marie-Jeanne Guedj raconte comment, un week-end, des policiers sont intervenus pour interpeller un homme dans son service. Un toxicomane à la recherche de Subutex (un produit de substitution à l'héroïne) qui avait agressé un pharmacien place de la Nation peu de temps auparavant. "Quand le médecin de garde a voulu l'examiner, les policiers ont débarqué dans le service et l'ont embarqué." Autre preuve de ce mauvais climat, l'existence de fiches de signalement très précis que le médecin doit désormais remplir dès qu'un malade sort sans autorisation, même s'il est hospitalisé volontairement. Ou encore ces réquisitions constantes destinées à savoir si une personne a été hospitalisée à Sainte-Anne. "Des demandes auxquelles on ne répond jamais, comme le conseil de l'ordre des médecins nous a conseillé de faire", conclut la directrice.  


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Le journal LE MONDE en parle également surtout depuis que le Tribnunal Administratif a imposé à la Préfecture de modifier la Charte d'accueil des patients pour qu'elle comprenne la possibilité de recourir à un Avocat!

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-850049@51-850131,0.html

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Par Julie Cadin et Jasna Stark - Publié dans : A lire, voir ou écouter
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