Vendredi 20 juillet 2007

 

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Alain Lhostis
Adjoint au Maire de Paris, chargé de la santé et des relations avec l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris. Conseiller du 10ème arrondissement.
Santé

Infirmerie psychiatrique de la Préfecture de Police

A Paris, depuis février 1872, les personnes appréhendées pour « troubles à l’ordre public et suspectes de présenter des troubles mentaux » sont dirigées vers l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police. Un dispositif d’exception unique en France sur lequel Alain Lhostis a souhaité qu’il y soit mis fin. Il a donc soumis au vote un vœu demandant que le Maire de Paris saisisse le ministre de la santé pour que s’engage un travail de concertation avec toutes les parties concernées ; qu’il soit mis un terme à un dispositif d’exception datant du 19ème siècle et enfin qu’un nouveau dispositif soit défini. Voté par les élus des groupes Communiste et les Verts, ce vœu a été rejeté par un vote d’opposition des groupes socialiste et UMP.

 

 

Information publiée le 13 avril 2007
 


Infirmerie Psychiatrique de la Préfecture de Police de Paris

Voeu déposé par Monsieur Alain Lhostis conseiller de Paris (PCF) lors de la séance du Conseil de Paris des 12 et 13 février 2007

mardi 6 février 2007.

Le 28 février 1872, le Préfet de Police de Paris crée l’Infirmerie Spéciale près de la préfecture de police et c’est au milieu du siècle passé que cette infirmerie prend le nom d’Infirmerie Psychiatrique de la Préfecture de Police de Paris (IPPP). Localisée à l’époque au sein du dépôt, elle sera transférée au 3 rue Cabanis sur le site de l’hôpital Saint Anne en 1970.

L’IPPP dépend de la Direction de la Protection du Public de la Préfecture de Police. Elle n’est pas un établissement public de santé mais un service de police. Il s’agit d’une structure unique en France, interdite de regard extérieur, vers laquelle sont dirigées systématiquement les personnes interpellées par les services de police, au motif qu’elles présenteraient des troubles du comportement, susceptibles de perturber l’ordre public. Ces personnes sont examinées par des médecins psychiatres placés directement sous l’autorité du Préfet de police alors qu’elles devraient pouvoir bénéficier d’un avocat et avoir le libre choix de leur médecin dans la mesure où l’hospitalisation d’office n’est pas prononcée.

Il s’agit là d’une survivance d’une conception sécuritaire de la maladie mentale qui assimile les malades mentaux à des délinquants potentiels. La pratique médicale, même s’il est hors de question de mettre en doute a priori la qualité des professionnels concernés, s’y exerce en dehors de tout contrôle des autorités sanitaires.

Il s’agit d’une exception parisienne, survivance du passé, à la différence de la province où les patients font l’objet si nécessaire, d’une hospitalisation d’office provisoire dans les 24 premières heures et non pas d’une rétention administrative dans un service de police. A cet égard, nous pouvons noter, qu’en Europe, notre pays est un des rares dans lequel l’autorité administrative a le pouvoir d’internement psychiatrique alors que ce pouvoir est exercé ailleurs, le plus souvent, par un magistrat. En 2005, plus de 2000 personnes ont été conduites à l’IPPP et plus de la moitié d’entre elles a fait l’objet d’une hospitalisation d’office.

Considérant

-  qu’il est peu acceptable à notre époque de soutenir l’idée d’une rétention administrative comme préalable à une évaluation médicale.

-  que l’IPPP est une exception au droit commun et que son mode de fonctionnement ne s’applique nulle par ailleurs sur notre territoire et qu’à ce titre le respect des droits de la personne est difficilement vérifiable.

-  que les hôpitaux disposant de services d’accueil d’urgence (SAU) assurent la présence de psychiatres 24h/24 pouvant accueillir ces malades et les orienter. Ainsi au SAU de l’hôpital Ambroise Paré (AP-HP, Boulogne Billancourt) c’est l’origine géographique du patient (parisien) qui détermine l’éventuel recours à l’IPPP ; dans tous les autres cas (patients hors Paris), ce transfert ne s’avère pas nécessaire. Par ailleurs, le CPOA (service de soins rattaché à l’hôpital Sainte-Anne), avec quelques aménagements, peut assurer le lien facilitateur et le rôle d’expertise parfois assuré aujourd’hui par l’IPPP.

-  qu’une unité pour malades difficiles existe à l’hôpital Paul Guiraud de Villejuif.

Sur proposition de Monsieur Alain Lhostis, conseiller de Paris (PCF), le conseil de Paris émet le vœu :

que le Maire de Paris saisisse le ministre de la santé pour que s’engage un travail de concertation avec toutes les parties concernées afin :

-  de mettre un terme à un dispositif d’exception datant du 19ème siècle

-  de définir un nouveau dispositif , garantissant en même temps que le respect de la sécurité publique, celui des droits fondamentaux de la personne, pour gérer des situations qui relèvent de la prise en charge médicale .


Par Julie Cadin et Jasna Stark - Publié dans : A lire, voir ou écouter
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Vendredi 20 juillet 2007

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Interné à vue
Sur la foi d'un simple procès-verbal, l'Infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris détient 2 500 personnes chaque année, pendant 24 ou 48 heures. Une structure d'exception, vestige des asiles du XIXe siècle, où l'opacité demeure la règle.

Par Eric FAVEREAU
Libération - jeudi 18 mai 2006

C'est un immeuble banal. Quatre étages, une façade qui aurait besoin d'être rénovée. Sur un côté, un panneau indique : "Accès pour le public." Mais il n'y a jamais de public. Dans le quartier, il y a peu d'agitation. Au bout de la rue vivait Georges Brassens.

Nous sommes devant le numéro 3 de la rue Cabanis à Paris. Accolée à l'hôpital Sainte-Anne, trône l'Infirmerie psychiatrique de la préfecture de police (IPPP). Fermée aux visiteurs. Aucun journaliste n'y a effectué le moindre reportage et toute demande à la préfecture de police de Paris se heurte à un silence radio. Au mieux, on reçoit une courte missive : "Ecrivez-nous." Alors on répond, et on attend pour rien. "Le seul endroit en France où l'on peut retenir quelqu'un pendant vingt-quatre heures, voire quarante-huit heures, sans le moindre regard extérieur", selon les explications d'un membre du conseil de l'ordre des avocats.

Reste à savoir qui passe la porte de cet établissement et de quelle manière ? "J'avais un conflit avec un voisin dans l'immeuble, raconte une jeune femme plutôt aisée. Cela a dégénéré. Un matin, au printemps 2005, des policiers sont venus chez moi et m'ont demandé de les suivre au commissariat du Ve arrondissement. A mon arrivée, le commissaire m'a dit, sans autre mot d'explication : "Vous allez à l'IPPP." Un fourgon m'a déposé là-bas vers 16 heures. Je demande au premier infirmier que je vois qu'il m'explique ce que je fais là. Pour seule réponse, on me dit de ne pas m'inquiéter... Je repars en longeant une rangée de cellules et on me demande de me déshabiller. J'enfile un pyjama bleu et des pantoufles avant d'être placé en cellule : un lit, sans rien autour, et une fenêtre opaque. Pour se laver, il y a une baignoire disposée à la vue de tout le monde. Où est la dignité ? Pendant la nuit, un interne passe et m'explique que je suis là dans le cadre d'une enquête administrative. Le matin suivant, je vois le psychiatre qui m'indique que je représente une menace pour mon voisin. L'entretien ne dure pas plus de quinze à vingt minutes. Il ne me dit rien d'autre avant de me renvoyer en cellule. Finalement, en fin de matinée, le médecin revient et me dit que je peux sortir. On me donne un ticket de métro. Et je rentre chez moi."

Au "fichier des aliénés"

Un scandale ? Un archaïsme surtout. L'IPPP est une très vieille histoire. Sous Napoléon III, le préfet de police avait justifié la création d'un lieu spécial, "afin d'empêcher qu'on ne laisse vaguer sur la voie publique des forcenés et des insensés". En fait, la police parisienne voulait un endroit pour retenir les personnes agitées. Elle tenait aussi que ce lieu soit placé sous sa responsabilité. Le 28 février 1872, le préfet de police Renault fonde alors l'infirmerie spéciale qui s'inscrit dans la nouvelle loi sur les hospitalisations en psychiatrie (lire ci-dessous). "Cette décision vise une personne constituant un danger pour l'ordre public ou compromettant la sûreté des personnes." Le "danger" évoqué pouvant "n'avoir connu aucun commencement d'exécution, il suffit qu'il soit potentiel et imminent". A Paris, les personnes appréhendées "pour troubles de l'ordre public et suspectes de présenter des troubles mentaux" seront désormais systématiquement dirigées vers cette infirmerie psychiatrique.

Un simple procès-verbal de commissaire de police suffit à mettre le sujet en observation pour vingt-quatre à quarante-huit heures. Un temps de rétention censé être mis à profit pour réaliser des examens médicaux et délivrer un certificat transmis au préfet, seul habilité à prendre la décision d'internement. Ces certificats ? "On dirait des copiés-collés", ironise un psychiatre. De nombreux professionnels de santé estiment en effet que le médecin de permanence de l'IPPP se retranche derrière des propos vagues et stéréotypés d'ordre public, sans grand rapport avec la santé mentale. En 1970, pour marquer la différence avec le dépôt, où sont retenus les gardés à vue, l'IPPP est transféré rue Cabanis, sur un terrain loué à l'hôpital Sainte-Anne. Voilà pour le dispositif.

Le lieu, lui, est resté inchangé ou presque depuis ce temps. La préfecture de police de Paris gère même un "fichier des aliénés". Appellation d'un autre temps pourtant demeurée dans le langage officiel. En 1990, lorsque la loi sur l'hospitalisation de 1838 a été corrigée par le législateur, il y a bien eu quelques débats pour tenter de remettre Paris dans le droit commun. Mais le poids de la préfecture de police est tel que toute velléité de réformes est rapidement oubliée. Et l'IPPP est parvenue à sauver sa tête.

Rien qu'en 2005, 2 506 personnes ont été conduites à l'IPPP par les commissariats parisiens et ceux de l'aéroport de Roissy. En tout, 1 056 décisions d'hospitalisation d'office (HO) ont été prononcées ainsi que 286 hospitalisations à la demande d'un tiers et 275 hospitalisations libres. Parmi les personnes conduites à l'IPPP, 820 sont rentrées chez elles. Des chiffres relativement stables d'année en année. En 2000, on dénombrait 1 037 HO contre 882 en 2001.

Dans une interview publiée en 2005 par la revue de la préfecture de police de Paris, Xavier Péneau, sous-directeur de la protection sanitaire ­ et à ce titre responsable de l'IPPP ­ explique : "L'infirmerie psychiatrique est un service public médico-légal de diagnostic et d'accès aux premiers soins. Il accueille toute personne en état de crise et dont les troubles mentaux compromettent gravement l'ordre public ou la sécurité. Ces placements d'urgence ont lieu sur décision des commissaires d'arrondissement ou sur décision du médecin des urgences médicales judiciaires. Limité à vingt-quatre heures, exceptionnellement à quarante-huit, le passage à l'IPPP permet aux patients de décompresser et à l'équipe médicale d'effectuer un diagnostic afin d'orienter les malades vers les soins dont ils ont besoin." Et d'ajouter : "L'une de nos préoccupations constantes est le respect des droits et des libertés des malades. Afin de renforcer cet engagement, une charte d'accueil et de prise en charge des personnes conduites à l'IPPP a récemment été élaborée. Encadrant tous les aspects du séjour, elle aborde les questions liées à la vie privée, à l'information du malade et de sa famille ou à l'aide que les patients sont en droit de recevoir pour effectuer leurs démarches administratives."

Voilà pour la version officielle. Car, côté cour, les choses ne sont pas si simples. En témoigne la réunion qui s'est tenue à l'automne dernier entre de hauts responsables de la préfecture de police de Paris et la direction médicale et administrative de l'hôpital Sainte-Anne. En débat ce jour-là : le loyer et le terrain où est installé l'IPPP. La direction de l'hôpital aurait aimé récupérer le lieu. Le ton monte et le sous-préfet de police s'énerve. Et se fait menaçant : "Vous allez le payer, on a les moyens d'avoir votre peau", hurle-t-il devant des participants médusés. L'affaire en reste là. Pourtant, l'immeuble n'est plus conforme aux normes de sécurité et doit être rénové.

"Introduire la police dans l'hôpital"

"C'est l'éternel conflit entre le monde hospitalier et l'IPPP", défend le docteur Jean-Pierre Soubrier. Médecin chef de l'infirmerie pendant dix-huit ans, il estime que l'IPPP est un "très bon outil". "C'est une très grosse machine pour pas grand-chose, répond en écho un psychiatre de l'hôpital Sainte-Anne. Pour maintenir son fonctionnement, il faut qu'il y ait des raisons plus ou moins avouées." "On y voit des pathologies uniques, reprend le docteur Soubrier, et surtout on voit des patients à des moments très particuliers, en pleine crise de violence." Argument en faveur de l'infirmerie psychiatrique : le lieu serait un observatoire unique d'une folie très particulière, celle aux frontières de la violence et de l'ordre social. Pourtant, il est extrêmement rare que ces observations médicales donnent lieu à une publication scientifique.

A l'hôpital Sainte-Anne, le docteur Marie-Jeanne Guedj dirige le Centre psychiatrique d'orientation et d'accueil (CPOA), qui reçoit en consultation toute personne en perdition psychique. Un lieu qui enregistre cinq fois plus de passages que l'IPPP. Sur ces 10 000 visites, environ une seule par an nécessite une hospitalisation d'office. "Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas des hospitalisations sous contrainte, mais il n'y a pas besoin d'un IPPP pour le faire. A Lyon, à Marseille, partout ailleurs, cela marche très bien sans une structure d'exception", explique un psychiatre. Et Marie-Jeanne Guedj d'ajouter : "Quand l'urgence est traitée, il n'y a pas besoin de l'IPPP. Le problème, c'est la présence de plus en plus forte de la police et de la justice dans les affaires de santé mentale." "Ce lieu ne sert à rien, précise un psychiatre. Sa seule fonction, c'est d'introduire un lieu de police au sein du monde hospitalier. On voit bien l'intérêt pour un préfet de police d'avoir cela, au cas où..."

Marie-Jeanne Guedj raconte comment, un week-end, des policiers sont intervenus pour interpeller un homme dans son service. Un toxicomane à la recherche de Subutex (un produit de substitution à l'héroïne) qui avait agressé un pharmacien place de la Nation peu de temps auparavant. "Quand le médecin de garde a voulu l'examiner, les policiers ont débarqué dans le service et l'ont embarqué." Autre preuve de ce mauvais climat, l'existence de fiches de signalement très précis que le médecin doit désormais remplir dès qu'un malade sort sans autorisation, même s'il est hospitalisé volontairement. Ou encore ces réquisitions constantes destinées à savoir si une personne a été hospitalisée à Sainte-Anne. "Des demandes auxquelles on ne répond jamais, comme le conseil de l'ordre des médecins nous a conseillé de faire", conclut la directrice.  


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Le journal LE MONDE en parle également surtout depuis que le Tribnunal Administratif a imposé à la Préfecture de modifier la Charte d'accueil des patients pour qu'elle comprenne la possibilité de recourir à un Avocat!

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-850049@51-850131,0.html

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Par Julie Cadin et Jasna Stark - Publié dans : A lire, voir ou écouter
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Vendredi 20 juillet 2007

C'est la question et c'est naturel, qui préoccupe les gens. Malheureusement, on ne peut pas dire, au début de l'internement, combien de temps cela va durer. C'est là que les certificats médicaux prennent leur importance.
Encore une fois, il convient de distinguer hospitalisation d'office et hospitalisation à la demande d'un tiers. 


HOSPITALISATION A LA DEMANDE D'UN TIERS.

On a vu dans un précédent article, que dans les trois jours précédant l'expiration des 15 premiers jours d'hospitalisation, un certificat médical doit être établi.
Pour mémoire, ce certificat doit:
- préciser la nature et l'évolution des troubles que présente la personne,
- ET indiquer CLAIREMENT si les conditions de l'hospitalisation sans consentement sont ou non toujours réunies.

Sur la base de ce certificat médical, l'hospitalisation peut être maintenue pour une durée maximale de 1 mois.

Après, l'hospitalisation pourra être maintenue, sur la base d'un certificat médical du même type et aussi pour une durée de 1 mois à chaque fois.


Quand est-ce que je sors?

1. La mesure d'hospitalisation à la demande d'un tiers est levée dès qu'un psychiatre de l'établissement de soins certifie que les conditions de l'hospitalisation ne sont plus réunies.

Ainsi, tout dépend du médecin psychiatre. C'est pour cela qu'il convient de faire preuve d'une grande prudence avant de signer la demande d'hospitalisation de quelqu'un qu'on connaît: la personne ne pourra pas sortir de l'hôpital comme elle le veut!

2. Le tiers qui a effectué la demande d'hospitalisation, peut demander la levée de la mesure, tout comme la personne qui y autorisée par le Conseil de Famille, ou encore la Commission des hospitalisations psychiatriques.

3. L'hospitalisation à la demande d'un tiers peut également être levée par décision du Préfet, qui, comme dans le premier cas, constate que les conditions de l'hospitalisation ne sont plus réunies.

4. Le Juge de la Liberté et de la Détention peut également rendre une ordonnance aux fins de mainlevée de la mesure, sur demande du patient, du Procureur, de la Commission des hospitalisations psychiatrique, toute personne y ayant intérêt ou sur auto-saisine.

5. La mesure peut être également levée si les certificats médicaux exigés par la Loi ne sont pas etablis dans les délais impartis par le texte.


HOSPITALISATION D'OFFICE.

Comme pour l'hospitalisation à la demande d'un tiers, on a vu que des certificats médicaux doivent être établis dans certains délais.

Dans les 3 jours précédant l'expiration du 1er mois d'hospitalisation, le représentant de l'Etat (Préfet à Paris, Maires en Province) peut, APRES AVIS MOTIVE D'UN PSYCHIATRE, prononcer le maintien de l'hospitalisation pour une nouvelle durée de 3 mois.

Après, l'hospitalisation d'office peut être renouvelée de la même façon pour des périodes de 6 mois maximum.

Très important: si le représentant de l'Etat ne prend pas de décision à l'issue de chacun de ces délais, la levée de l'hospitalisation d'office est acquise, c'est à dire que la personne peut sortir.

Indépendamment de ces délais, le représentant de l'Etat peut mettre fin à la mesure d'hospitalisation d'office à tout moment après avis d'un psychiatre ou sur proposition de la Commission des hospitalisations psychiatriques.

Comme dans l'hospitalisation à la demande d'un tiers, le Juge de la Liberté et de la Détention peut ordonner la mainlevée de la mesure, sur demande du patient, de la Commission des hospitalisations psychiatriques.

Par Julie Cadin et Jasna Stark - Publié dans : HO & HDT
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Vendredi 20 juillet 2007

Que ce soit dans la procédure d'hospitalisation d'office ou dans la procédure d'hospitalisation sur la demande d'un tiers, plusieurs certificats médicaux doivent être établis et ce dans certains délais.

Ces certificats sont très importants en terme de validité de la procédure. Si les certificats ne sont pas établis ou s'ils ne le sont pas dans les délais imposés par la Loi, il est possible de contester la régularité de la procédure.


HOSPITALISATION D'OFFICE.

Dans les 24 heures suivant l'hospitalisation d'office
, le directeur de l'établissement d'accueil doit transmettre au représentant de l'état (Préfet à Paris, Maires en Province) un certificat médical établi par le psychiatre de l'établissement.

Dans les quinze jours qui suivent l'hospitalisation d'office, le malade doit être examiné par un psychiatre de l'établissement d'accueil.

Ce psychiatre doit établir un certificat médical circonstancié qui doit:
- confirmer ou infirmer les observations contenues dans le précédent certificat,
- préciser l'évolution des troubles ou leur disparition.

Un examen et certificat de même type doivent intervenir également:
- un mois après l'hospitalisation d'office,
- puis AU MOINS tous les mois.

De la même manière que le certificat médical des 24 heures, ces certificats doivent être transmis au Représentant de l'Etat et à la Commission.



HOSPITALISATION A LA DEMANDE D'UN TIERS.

Dans les 24 heures suivant l'hospitalisation, un psychiatre de l'établissement d'accueil doit établir un certificat médical lequel doit:
- constater l'état mental de la personne,
- confirmer ou infirmer la nécessité de maintenir la mesure d'hospitalisation sans consentement.

Ce certificat est adressé au Représentant de l'Etat et à la Commission.

Dans les 3 jours précédant lexpiration des 15 premiers jours de l'hospitalisation, le malade doit être examiné par un psychiatre de l'établissement d'accueil qui doit établir un nouveau certificat médical lequel doit:
- préciser la nature et l'évolution des troubles,
- indiquer clairement si les conditions de l'hospitalisation sont ou non toujours réunies.

 

Par Julie Cadin et Jasna Stark - Publié dans : HO & HDT
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Vendredi 20 juillet 2007

HOSPITALISATION A LA DEMANDE D'UN TIERS

D'après l'article L3212-1 du Code de la Santé Publique, une personne peut être hospitalisée sur la demande d'un tiers si:
- elle présente des troubles mentaux,
- ses troubles mentaux font qu'elle est privée de son consentement,
- son état impose des soins immédiats assortis d'une surveillance constante en milieu hospitalier. 


La demande d'admission en hôpital.

La demande peut être faite par un membre de la famille ou par toute personne qui agit dans l'intérêt du malade, à l'exception du personnel soignant qui travaille dans l'établissement dans lequel le malade sera admis.

La demande est manuscrite et signée. Elle comporte des informations relatives à la personne qui fait la demande et à la nature des relations avec le malade.


Les certificats médicaux.

La demande d'admission doit être accompagnée de
2 certificats médicaux.

Ces deux certificats médicaux doivent être de moins de 15 jours et circonstanciés.

Le premier certificat doit être établi par un médecin qui n'exerce pas dans l'établissement qui va accueillir le malade. 
Il doit faire état de la santé mentale du malade, décrire les particularités de la maladie et constater la nécessité de faire hospitaliser la personne sans son consentement.

Ce premier certificat doit être en principe confirmé par un second certificat, qui, par contre, peut être établi par un médecin exerçant dans l'établissement qui va accueillir le malade.
Attention, dans certains cas, l'admission du malade en établissement de soins peut être prononcée sur la base d'un seul certificat médical, qui peut en outre, émaner d'un médecin exerçant dans la structure.
Ce cas doit rester exceptionnel, et ne peut survenir qu'un cas de péril imminent pour la santé du malade et à titre exceptionnel.

Bien évidemment, aucun des deux médecins ne doit, entre autres, avoir de lien de parenté avec le malade.



HOSPITALISATION D'OFFICE.

Peuvent faire l'objet d'une mesure d'hospitalisation d'office les personnes dont les troubles mentaux nécessitent des soins ET compromettent la sûreté des personnes ou portent atteinte, de façon grave, à l'ordre public.

Cette mesure est prise sur la base d'un certificat médical qui doit être établi par un médecin qui n'exerce pas dans l'établissement d'accueil.

A Paris, c'est le Préfet qui prendra un arrêté préfectoral; cet arrêté doit être motivé, c'est à dire qu'il doit expliquer les raisons de la mesure et les circonstances dans lesquelles elle est prise.

Par Julie Cadin et Jasna Stark - Publié dans : HO & HDT
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Vendredi 6 juillet 2007

 

Il  peut arriver, dans certains cas, que  la décision de transfert à l'IPPP prise par le Commissaire de Police soit illégale.

En effet, la décision du Commissaire peut être:
- arbitraire,
- abusive,
- arbitraire ET abusive.


Dans ce cas que puis-je faire?

Dans le cas d'une décision arbitraire, on peut essayer d'obtenir l'annulation de la décision du Commissaire de Police. Pour ce faire, il convient d'engager une procédure devant le Tribunal Administratif de Paris.
Attention, cette action devra être introduite dans un délai de deux mois à compter de la notification*de la décision de transfert.

*La notification peut intervenir de deux façons différentes:
- remise d'une copie de la décision pendant le séjour à l'IPPP,
- obtention du dossier auprès du Préfet de Police donc bien après la sortie de l'IPPP.


Dans le cas d'une décision illégale, on pourra essayer d'obtenir des dommages et intérêts pour réparer le préjudice subi (préjudice physique, morale, financier). Pour ce faire, il convient d'engager une procédure devant le Tribunal de Grande Instance de Paris. NB: devant ce Tribunal, il est obligatoire d'être représenté par un Avocat.
Attention, cette action devra être introduite dans un délai de 4 ans à compter de la sortie de l'IPPP.

Il convient de préciser que tant devant le Tribunal Administratif que devant le Tribunal de Grande Instance, la personne pourra être assistée (ou représentée) par un Avocat, ce au titre de l'Aide Juridictionnelle, si la personne peut en bénéficier.

Comment obtenir mon dossier administratif?

Il faut écrire au Préfet de Police de Paris en lettre recommandée avec demande d'avis de réception, en précisant son identité et la date du transfert.

En cas de refus opposé par l'Administration, il convient de saisir la Commission d'Accès aux Documents Administratifs (CADA).



Par Julie Cadin et Jasna Stark - Publié dans : Infirmerie Psychiatrique IPPP
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Vendredi 6 juillet 2007
Le Préfet de Police de Paris  a établit une Charte d'Accueil des obligations et des droits des personnes prises en  charge à l'IPPP.

D'après les témoignages recueillis, cette Charte n'est d'aucune utilité.

En effet, pendant son passage à l'IPPP, la personne n'a, en pratique, aucun droit.


Communication avec l'extérieur.

Par exemple, la personne n'a généralement pas accès à un téléphone. La Préfecture soutient l'inverse en mettant en avant que l'IPPP dispose d'une cabine téléphonique à l'étage des cellules.

Néanmoins, en pratique, la personne n'y a pas accès, puisqu'elle est enfermée dans sa cellule.

Ainsi, il ne lui est pas possible de prévenir ses proches d'où elle se trouve, ou même son médecin traitant.

Bien entendu, la personne ne peut pas recevoir de visites.


Information.

Les témoignages recueillis permettent d'établir que les personnes qui se trouvent à l'IPPP ne reçoivent aucune information sur ce qu'est l'IPPP, sur la raison pour laquelle elle s'y trouve, sur la durée de leur rétention, ni sur ce qui va arriver dans les heures à venir.


L'Avocat à l'IPPP.

En France, le principe est que toute personne privée de sa liberté d'aller et venir est en mesure de se faire assister d'un Avocat. Il en est ainsi de la personne placée en garde à vue, de la personne détenue en prison et de l'étranger en situation irrégulière placée au Centre de rétention administrative.

La situation à l'IPPP était donc une exception flagrante à ce principe.

Une avancée notable est intervenue le 22 novembre 2006: le Tribunal Administratif de Paris a fait injonction au Préfet de Police, dans un délai de trois mois suivant la notification de la décision, de mentionner dans la Charte d'Accueil, le droit de prendre conseil d'un Avocat.

Ainsi, d'après cette décision, les personnes retenues à l'IPPP ont désormais le droit de prendre conseil d'un Avocat, ce qui équivaut en pratique à s'entretenir avec un Avocat.

Le Préfet de Police a fait appel de cette décision. Il manifeste ainsi sa volonté de refuser l'accès à l'IPPP à l'Avocat.

Le débat reste ouvert...


Par Julie Cadin et Jasna Stark - Publié dans : Infirmerie Psychiatrique IPPP
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Vendredi 6 juillet 2007

Le transfert à l'IPPP se fait en fourgon de police.  Une fois arrivée à l'IPPP, la personne est conduite par les policiers à l'étage des cellules où elle est prise en charge par des infirmiers.

Il est demandé à la personne de retirer ses vêtements dans une cabine destinée à cet effet, pour enfiler un pyjama et des chaussons en plastique.

Puis la personne est placée dans une cellule dans laquelle elle restera jusqu'à ce qu'elle rencontre le Psychiatre.


Détails pratiques...

La cellule ne comprend qu'une couchette.

Pour aller aux toilettes, il faut taper à la porte de la cellule pour que des infirmiers viennent accompagner la personne; les infirmiers resteront derrière la porte des toilettes qui n'est qu'une porte battante pour surveiller.

Des plateaux repas sont servis et pris à l'intérieur de la cellule.

Quand la personne passe la nuit à l'IPPP, elle peut prendre une douche le lendemain matin.


L'entretien avec le Psychiatre...

Il importe de savoir que le Médecin Psychiatre travaille pour le compte de la Préfecture de Police de Paris.

L'entretien se déroule dans un bureau en présence d'infirmiers. Le psychiatre va principalement poser des questions sur les faits qui ont conduit la personne à l'IPPP.

Cet entretien va permettre au Psychiatre d'évaluer l'état psychique de la personne.

A l'issue de l'entretien le Psychiatre peut décider plusieurs choses:

=> L'état de santé mentale de la personne ne nécessite pas une hospitalisation d'office. Dès lors, la personne sera autorisée à sortir de l'IPPP.

=> Le psychiatre estime que la personne est atteinte de troubles mentaux nécessitant des soins et compromettant la sûreté des personnes ou portent atteinte, de façon grave, à l'ordre public: dans ce cas le Préfet, qui est avisé, prendra un arrêté d'hospitalisation d'office.

=> Le psychiatre estime que la personnes est atteinte de troubles mentaux rendant impossible son consentement et que son état impose des soins immédiats assortis d'une suveillance constante en milieu hospitalier: dans ce cas, il sera demandé à un membre de la famille, un proche, de signer une demande d'admission en hospitalisation sur demande d'un tiers.

Par Julie Cadin et Jasna Stark - Publié dans : Infirmerie Psychiatrique IPPP
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Dimanche 1 juillet 2007
L'IPPP est un lieu vers lequel sont transférées, sur ordre des Commissaires de Police, des personnes qui vont être privées de leur liberté  le temps d'être vues par un psychiatre  qui va évaluer leur santé mentale.

Il s'agit d'un lieu unique en France, qui n'existe qu'à Paris, dans lequel aucune caméra de télévision n'a jamais pu entrer.

L'IPPP est située 3 rue Cabanis dans le 14ème arrondissement de Paris, sur le domaine de l'Hôpital Saint-Anne.

Un peu d'histoire...

Au XIXème siècle, l'Administration a décidé de créer une structure spécialisée qui avait pour vocation d'accueillir les malades mentaux, l'idée étant de séparer les délinquants de ce qu'on appelait alors les "aliénés". Cette infirmerie spécifique se trouvait initialement sur le site du Palais de Justice de Paris, et a été transférée rue Cabanis en 1970.


Que dit la Loi?

La loi du 27 juin 1990,reprise dans le Code de la Santé Publique au chapitre "Lutte contre les maladies mentales", se limite à énoncer qu'à Paris,
en cas de danger imminent, attesté par un avis médical ou par la notoriété publique, les Commissaires de Police peuvent prendre à l'égard des personnes dont le comportement révèle des troubles mentaux manifestes, des mesures provisoires, à charge pour eux d'en référer au Préfet de Police de Paris, qui peut prendre un arrêté d'hospitalisation d'office.


Concrètement ça veut dire quoi?

Cela veut dire que les Commissaires de Police peuvent faire transférer une personne à l'IPPP soit après examen médical établissant un trouble psychiatrique, soit uniquement au regard du comportement de l'individu et des déclarations faites par des tiers. Ainsi, une personne peut se retrouvée à l'IPPP sur la décision unilatérale du Commissaire, même sans avis médical!


Statut juridique de l'IPPP

L'IPPP est une structure administrative relevant de la Préfecture de Police de Paris, qui dépend elle-même du Ministère de l'Intérieur.

C'est pour cette raison que les personnes qui y font un passage semble avoir le statut de retenu administratif, étant précisé que cela ne figure pourtant pas explicitement dans les textes.

En moyenne, 2000 personnes sont retenues chaque année à l'IPPP, dont la moitié fait ensuite l'objet d'une hospitalisation d'office.

Par Julie Cadin et Jasna Stark - Publié dans : Infirmerie Psychiatrique IPPP
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